C’est aujourd’hui et demain que les électeurs italiens sont appelés aux urnes pour renouveler le Conseil suite à la démission de Romano Prodi et de son gouvernement après une motion de censure. Sa victoire aux dernières élections ne lui avait pas permis d’obtenir une majorité stable. Favori dans les sondages, Silvio Berlusconi (fondateur du parti du Peuple de la Liberté) semble bien parti pour remporter une nouvelle fois ce scrutin mais le Parti démocrate de Walter Veltroni (ancien député communiste et maire de Rome) veut encore croire en la victoire et des sondages (interdits depuis 15 jours) secrets montrent un tassement de la droite et Silvio Berlusconi pourrait bien se retrouver dans la même situation que Romano Prodi et peut-être contraint de gouverner autour d’une grande coalition avec les principaux partis. Mais il a d’ores et déjà écarté toute alliance avec les communistes !
La gauche semble être au plus mal dans ce scrutin. L’ancienne coalition arc-en-ciel n’existe plus. Le Parti démocrate représentant plutôt le centre-gauche, issu de la fusion de partis de gauche dont le Parti socialiste, il ne reste plus qu’une Gauche arc-en-ciel, nouvellement créée à l’approche des élections et qui regroupe le parti de la refondation communiste, le parti communiste des italiens, les Verts et la Gauche démocrate qui a refusé de se dissoudre dans le Parti démocrate qu’elle juge trop centriste et proche du patronat et du Vatican. Créditée de 6 % dans les sondages, elle pourrait en plus souffrir de la concurrence de la Gauche critique (LCR italienne).
A noter que les téléphones portables ont été interdits dans les isoloirs. Photographier son bulletin de vote une fois coché pour s’en servir comme preuve est en effet une pratique courante dans les régions où la mafia a de l’influence et négocie des voix d’électeurs, en particulier dans le sud du pays.
En parallèle à ces élections législatives, se déroulent des élections municipales notamment à Rome et des régionales comme en Sicile.
Tags: Berlusconi, élections législatives, Italie, Veltroni
D’après les résultats du ministère de l’Intérieur portant sur environ 20% des bureaux de vote, la coalition de droite dirigée par M. Berlusconi obtient 45,47% des voix au Sénat contre 40,16% au centre gauche de Walter Veltroni. Selon une projection en sièges de l’Institut Piepoli, la droite a obtenu la majorité absolue au Sénat - 164 sur 315 - enjeu crucial du scrutin car le contrôle de cette chambre est indispensable pour gouverner. La droite est également donnée gagnante de 8,8 points à la Chambre des députés, selon l’institut Ipsos pour Mediaset.
Par rapport aux dernières législatives de 2006, la participation a baissé de 3,5 points à un peu plus de 80%, selon le ministère de l’Intérieur.
Selon les projections, la Gauche arc-en-ciel (communistes et Verts) a été laminée, ne recueillant qu’environ 3,5% des voix au Sénat contre 11,5% en 2006. Son électorat a été très déçu par son attitude trop critique envers le gouvernement Prodi. Son leader, ancien président de la Chambre, le communiste Fausto Bertinotti, a démissionné lundi soir.
15 avril 2008 13:26
Cette victoire de Berlusconi (grâce aux voix de l’extrême droite) va sans doute stabiliser la vie politique en Italie avec notamment un véritable bipartisme et un opposant for : Walter Veltroni.
La gauche va devoir se reconstruire si elle veut peser de tout son poids lors des prochains scrutins.
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