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VIVE LA CRISE !

royal-crise.jpg La crise financière et économique que nous traversons en ce moment serait-elle salutaire pour tous ceux qui défendent un nouveau modèle économique social ? C’est en tout cas ce que tente de faire Ségolène Royal, qui sur les traces d’Olivier Besancenot, n’hésite pas à se rendre là où les ouvriers sont en difficultés, comme à l’usine Ford hier, menacée de fermeture. Selon l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, « la crise représente une occasion historique de définir le modèle social dont nous voulons ». A condition qu’elle « débouche sur quelque chose de positif, c’est-à-dire une réactivité beaucoup plus forte pour que la finance soit au service de l’économie, et non pas, comme aujourd’hui, au service d’elle-même, et que l’économie soit au service de la création d’emplois et de l’innovation » L’abstention du goupe PS à l’Assemblée sur le plan de sauvetage des banques ne doit être perçu que comme l’impossibilité d’accorder un quitus au gouvernement. Dans l’éventualité où l’Etat serait conduit à prendre des participations dans le capital des banques, les nationalisations partielles devront être pérennisées et non pas transitoires. Il devient nécessaire de constituer une grande banque publique d’investissement accessible aux PME, ainsi que la mise sous contrôle des fonds d’investissements, l’abandon du projet de privatisation de La Poste et l’adoption de dispositifs effectifs contre les paradis fiscaux. Ségolène Royal insiste aussi pour que soient appliquées « des sanctions » contre les dirigeants des établissements financiers qui « ont contourné les règles » et « se sont indûment enrichis ».


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Auteur: pazmany

11 commentaires

mjhon
16 octobre 2008 12:23

La crise ? quel crise ? y a pas de crise notre président s’inquiéte plus de sifflement de 2 ou 3000 gugus dans un stade de foot que des gens qui rame toute la journée pour bouffer. Bin quoi réconforté son électorat frontiste c’est quand meme plus important que d’aidé les francais.

Olivier
16 octobre 2008 14:43

Le silence de Bertrand Delanoë sur toute cette séquence de la crise – et même avant ! – est assez éloquente pour qui postule à la tête du premier parti d’opposition aujourd’hui.

Comme si il était décidé à se faire discret. Même si cela a souvent été sa stratégie pour ne froisser, cliver et perdre quelques plumes au passage.

Delanoë n’a (pas encore) jamais été soumis au feu du rouleau médiatique. Qui l’épargne. Je ne sais pas comment il en sortira, quelle image il aura… une fois qu’il sera passé à la moulinette médiatique

Bertrand DELANOE
16 octobre 2008 16:44

Bertrand Delanoë : « Eviter le désordre et l’immobilisme »
Retrouvez l’intégralité de l’interview de Bertrand Delanoë au journal Le Parisien-Aujourd’hui en France.

Quelles sont les réponses de gauche à la crise financière?

Bertrand Delanoë, maire PS de Paris: Celles des sociaux démocrates, depuis l’origine : l’économie de marché a besoin de régulation et de transparence. Dans l’un de mes livres, publié en 2004 (NDLR: La vie, passionnément, Robert Laffont), je citais le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, stigmatisant les dérives d’un capitalisme sans règles et les dysfonctionnements des institutions mondiales. Avec une social-démocratie plus forte, l’Europe aurait disposé d’instruments plus efficaces, qui ne peuvent être ni le protectionnisme, ni le laisser-faire.

L’Etat français doit-il rester dans le capital des banques qu’il aura renflouées ?

Quand l’Etat intervient, il le fait au nom des Français. Sa priorité absolue doit être de garantir la reconstruction du système financier en prenant le temps nécessaire à la mise en place de nouvelles règles. N’oublions jamais que les responsables de cette crise sont des spéculateurs dont le monde paye aujourd’hui le comportement indécent. Si, une fois ce système profondément réformé, l’Etat revend certaines de ses participations, il faudra donc que le contribuable y trouve son compte, notamment en affectant toute plus-value à la réduction de la dette publique. Je suggère de viser l’efficacité, en conservant parfois ces participations, sans être systématique. Dans un autre domaine, le gouvernement prétend-il toujours livrer le capital de La Poste à la Bourse ou entendra-t-il notre proposition de préserver ce service public en s’appuyant sur une institution d’Etat, la Caisse des dépôts, pour financer son développement ?

Estimez-vous comme Dominique Strauss-Kahn que le pic de la crise financière est passé ?

Je l’espère. Plusieurs responsables du gouvernement français ont nié l’existence de cette crise pourtant annoncée depuis plus d’un an. Voyez le résultat. Une seule certitude : celle-ci aura des conséquences sur l’économie réelle et sur les conditions de vie des Français. Il faut donc élaborer maintenant des réponses opérationnelles à l’impact économique et social de la crise.
Face à des droites européennes pragmatiques, la gauche peine à se distinguer…
Pour qu’une conversion soit crédible, il faut qu’elle repose sur une évaluation honnête des prises de positions initiales. Le président Sarkozy voulait importer en France des crédits hypothécaires à l’anglo-saxonne et l’UMP vantait la retraite par capitalisation qui ruine aujourd’hui les retraités américains : qui s’en souvient ? Qui, à droite, reconnaît de telles erreurs ? Dans ces conditions, le budget 2009 sera un moment de vérité.

Quelles modifications réclamez-vous?

Ce budget, présenté au lendemain du discours de Toulon, est déjà obsolète. Il doit être reconstruit autour des principes suivants : 1. Annulation du paquet fiscal; 2. Taxation des stock-options; 3. Remise à plat du dispositif des niches fiscales. 4. Ses priorités doivent être la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat : cela passe par l’investissement dans l’innovation et la recherche, ainsi que l’ouverture de négociations salariales dans les entreprises, qui conditionneront les exonérations de charges sociales. Le gouvernement doit donc revoir sa copie, au lieu d’amputer les crédits de secteurs aussi stratégiques que le logement, l’emploi ou les moyens des collectivités locales.

Nicolas Sarkozy a-t-il pour l’instant bien géré la crise ?

Sa réaction a été tardive, ce qui est regrettable dans une telle situation. L’histoire retiendra d’ailleurs que c’est Gordon Brown qui a inspiré une réponse européenne concertée. Je regrette aussi que le Chef de l’Etat ait à ce point négligé la concertation avec les forces démocratiques du pays, tout en appelant à « l’unité nationale ». Consulter les représentants des partis politiques et des organisations syndicales serait la moindre des choses.

Quelles vont être les conséquences concrètes de la crise pour la Ville de Paris ?

Pour 2009, nous avons anticipé sur les effets de la crise en prévoyant une baisse des droits de mutation de 250 millions d’euros, par rapport à 2007. Pour autant, aucun engagement n’est remis en cause, qu’il s’agisse de la solidarité, des 40 000 logements sociaux, du tramway, des projets d’urbanisme, comme les Halles et les ZAC, ou encore de nos projets pour l’innovation. Autre exemple : avec le Crédit municipal, nous avons lancé, comme prévu depuis des mois, un « micro crédit » pour les plus modestes. Enfin, notre effort d’investissement demeure très élevé, 8,3 milliards sur six ans, soit une hausse de 18 % par rapport à la précédente mandature. Quant aux projets privés, il n’y a eu, pour le moment, aucune remise en question annoncée.

Etes-vous prêt à un débat entre les premiers signataires des six motions?

A trois semaines du vote des militants, je nous déconseille de trop personnaliser le débat ou de le théâtraliser. Assumons nos différences dans le respect de chaque socialiste, sur le terrain, et surtout en nous concentrant sur les vraies attentes des Français.

Ne regrettez-vous pas de vous êtes déclaré «socialiste et libéral»?

Il faut toujours être exigeant avec soi-même quand on évalue l’interprétation de ses propos… Mais sincèrement, dans le livre dont il est question (NDLR «De l’audace! » – Robert Laffont) la critique du libéralisme économique est sévère et argumentée. Quant au libéralisme politique, c’est à dire le combat pour les libertés et l’émancipation de l’individu, c’est un patrimoine que tous les socialistes devraient se réapproprier. Que certains déforment cette analyse pour des raisons électoralistes, me désole plus pour eux que pour moi.

Pour vos concurrents, vous portez l’opprobre du libéralisme et d’une «pseudo-modernité»…

Le temps d’un congrès, il est facile de tenir un discours à «gauche toute». Mais dans les faits, ce sont les authentiques réformistes qui sont le plus à gauche. J’assume toutes les comparaisons de fond avec mes amis socialistes, à travers la gestion de la plus grande collectivité locale française. Qu’il s’agisse de la remunicipalisation de la distribution de l’eau, de l’effort pour le logement social ou encore des alliances. Car je maintiens qu’on ne fait pas une politique de gauche, avec un parti qui n’est pas à gauche. Dans certaines villes, et cela ne concerne aucun signataire de notre motion, des candidats socialistes aux Cantonales, ont du se retirer au bénéfice de candidats Modem : ce n’est pas l’orientation que je propose.

Bluffez-vous en affirmant que votre motion atteindra les 50 % ?

Je n’ai jamais fait de pronostic. Je dis simplement que l’objectif d’un candidat qui présente une orientation politique, un programme de travail et une équipe, est toujours d’atteindre les 50%. Je ne prétends pas que nous allons le faire. D’ailleurs, le bluff n’est pas ma spécialité. Je souhaite en tout cas au PS qu’une des motions soit assez forte pour structurer le rassemblement des socialistes et éviter le désordre et l’immobilisme. Et je pense que notre motion peut être ce pôle central.

Si votre motion n’arrive pas nettement en tête, maintiendrez-vous votre candidature au poste de premier secrétaire?

Ma candidature n’a jamais été une question de personne, toujours une question politique. Je suis candidat à ce poste, quels qu’en soient les contraintes, pour assumer le rôle d’un animateur concentré sur l’efficacité, le rassemblement, et le renouvellement du PS, au service des Français. Le vote des militants, le 6 novembre prochain, déterminera la suite. Je suis plutôt confiant.

Propos recueillis par Rosalie Lucas et Philippe Martinat

ah bpnon
16 octobre 2008 16:49

@Olivier
Tu ne lis pas la presse? tu ne regardes pas la télé?

Les élections municipales de 2008 et 2001 n’ont pas du tout été médiatisées…

Mathieu
16 octobre 2008 17:48

@Bertrand Delanoë : se revendiquer du libéralisme juste avant une grande crise mondiale montre toute votre clairvoyance ! J’ai hâte de vous voir au milieu de salariés dont l’entreprise va fermer !

...
16 octobre 2008 20:42

j’suis p’être hyper pessimiste mais je pense que la crise ne profitera pas à la gauche (PS PC NPA LCR vert syndicaliste militant sans étiquette…)
j’pense que c’est du pain bénis pour l’extrême droite.

Marc
16 octobre 2008 22:53

Je rejoins … sur son analyse, l’extrême droite en Autriche vient de réaliser un très fort score aux élections législatives et je ne pense pas que Sarkozy en ayant épouser les thèses frontistes ait éliminé définitivement le FN qui à mon avis retrouvera des couleurs lors des prochaines élections, d’abord européennes puis nationales.

John
17 octobre 2008 07:55

@ Bertrand Delanoë : vous qui affirmez être libéral, celà ne vous gène pas de dépenser 1 000 000 euros pour placer des caméras partout dans Paris ?

Olivier
17 octobre 2008 08:34

Delanoë balance une petite interview discrètement dans le Parisien (avant de s’envoler au Canada) pour tenter d’attenuer son absence sur la crise.

Ses solutions ?

Il dit celles des sociaux-démocrates depuis toujours. Quand on sait comment la sociale-démocratie est en plein déconfiture partout en europe…

Le libéralisme comme la sociale-démocratie traditionnelle sont en débacles. Il faut inventer autre chose.

Quand on prend Royal, Aubry et Delanoë: pour les deux premières (dames) ont est capable de les identifier avec des idées bien précises – même si on ne les partage pas- : 35 heures, démocratie participative, etc.

Mais Pour Delanoë aucune idée! Ah si, il a le vélib et paris plage. Tremblez citoyens de gauche…

Quelle grosse entourloupe !

vert chez moi
17 octobre 2008 10:28

@Mars et …

Ce sera surement le cas ailleurs en Europe (pour les européennes notamment) mais pas encore en France (le FN n’a pas encore vécu sa mutation)

ça a été le cas en Autriche (et ça sera le cas ailleurs en Europe) parce que les socialistes et conservateurs gouvernent ensemble
(résultat ils s’écroulent ensemble et tout les partis d’oppositions progressent…)

Pour les européennes, le PPE et le PSE vont surement se prendre beaucoup de branler
et suivant les pays et particularités locales, les partis d’extreme gauche, d’extreme droite (en majorité malheureusement, notamment chez les nouveaux entrants) , les Verts et dans une moindre mesure les partis « libéraux » devraient en profiter…

...
17 octobre 2008 13:51

le FN n’a pas besoin de muter, leurs bases, leurs idéaux, leur programme tout le monde le connait, il récupère les décus de la classe politique classique. Il attend que ca vienne.

tu parles de l’autriche mais tu oublis la belgique l’allemagne et l’Italie ou l’extrême droite progresse de manière impressionante.

en france on commence une période de récession (sans avoir eu de croissance avant mais bon…) tout le monde va en chier, mais un francais qui en chie et qui est un con (oui parce que les francais sont trés con) ben il vire identitaire raciste et il vote extrême droite.
replis communautaire, replis identitaire, refus de l’europe, refus de l’euro. on nous la dis, la crise ne vient pas de la france, mais d’AILLEUR et on en est les pauvres petites victimes.
Les quartiers populaires vont s’enflammer, le monde politique et médiatique va se focaliser sur les violences, l’insécurité…

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