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Elections régionales : l’agriculture au coeur de la campagne

regionales-2010 logo-region-limousin-agriculture Si la Politique Agricole Commune impacte directement l’agriculture locale, la région dispose de quelques leviers pour accompagner et soutenir ses agriculteurs,  notamment face à la crise. 15 000 exploitations existent sur les 3 départements représentant 22 000 emplois. Les productions végétales dans leur ensemble représentent un tiers du chiffre d’affaires de la « ferme Limousin » – les productions animales les deux tiers. La politique régionale menée par la majorité sortante aurait permis de créer 147 emplois, d’accompagner 423 projets de développement des exploitations et de soutenir 121 projets de diversification agricole. Face aux incertitudes d’évolution de la PAC en 2013 et au développement des règlementations, celle-ci se fixe comme objectif  de développer une agriculture durable et de valoriser le Patrimoine naturel régional, notamment en assurant la durabilité économique des exploitations, en développant l’emploi et la vie sociale en milieu rural et en en soutenant une agriculture alliant performances économiques et qualité environnementale.


L’agriculture bio’ devient désormais incontournable dans l’ensemble des programmes et tous sont pour soutenir des circuits courts, comme Europe écologie qui veut miser sur l’autonomie alimentaire en fournissant notamment la restauration collective des lycées en produits locaux et bios. Point de vue partagé pour le Modem qui souhaite également développer la filière laine en Limousin et aider à la construction de bâtiments. Le Front national veut promouvoir quant à lui, la vocation agricole des régions par un soutien à l’agriculture familiale, raisonnée, biologique et aux produits du terroir. Au Front de gauche, le mot d’ordre c’est l’agriculture paysanne avec une nouvelle gouvernance et une position économique plus volontariste. L’UMP veut favoriser l’emploi en soutenant les filières de production agricoles et agro-alimentaires de qualité,  diversifier la production  et soutenir l’élevage et la transformation sur place.

La mise en place de labels pour les produits Limousins fait également partie des mesures partagées par les candidats.


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Auteur: pazmany

8 commentaires

Michel
23 février 2010 11:29

C’est un article quelque peu bizarre et surréaliste quand on connaît un peu le monde agricole. L’auteur décrit les programmes des partis et ce n’est pas à lui que l’on peut faire des reproches. Non, ce qui est bizarre, c’est cette déconnection entre la réalité agricole et la classe politique.

Le monde agricole connaît une crise sans précédent. Les agriculteurs ont toujours râlé, on les a toujours entendu se plaindre mais ils continuaient à bosser vaille que vaille. Jamais on ne les avait jamais vu arrêter en masse. Or c’est ce qui se passe aujourd’hui. Il y a plus de trente mille cessations d’activité par an (pour guère plus de trois cent mille fermes). Et, fait totalement nouveau dans le monde agricole, 40 % des cessations d’activité n’ont pas la retraite pour cause.

Les gens arrêtent devant l’impasse financière ou par épuisement moral. C’est fini, le temps où les paysans continuaient à bosser gratuitement. Ils se croisent les bras quand ils ne peuvent plus vivre de leur travail. La moitié des agriculteurs français disent vouloir arrêter dans les cinq ans ! Ce qui en dit long sur le moral de la profession… Bon, on peut dire que ce ne sont que des paroles verbales. Oui mais !

La politique agricole européenne a subventionné l’année passée les arrachages de vignes et de vergers. Il a fallu cesser prématurément ces subventions : les arrachages étaient si massifs qu’ils vidaient les caisses publiques… On dit que la moitié des cerisiers français ont été arrachés !

Une enquête réalisée en Bordelais a révélé que la moitié des viticulteurs avaient un revenu inférieur au Smic. Alors que les viticulteurs du Bordelais n’ont jamais été le symbole de la pauvreté paysanne…

La production porcine a baissé de 2 % au cours de ces derniers mois. C’est un chiffre très parlant pour les connaisseurs. En effet un atelier porc, ça change très lentement de cap, c’est un paquebot, c’est de l’industrie lourde engageant des capitaux importants. C’est aussi une activité économique très importante en amont et en aval. D’où une solidarité de la banque, de la coopérative, de l’abattoir, de l’atelier de transformation de la viande, etc. qui sont eux aussi dépendants de l’atelier porc. Voir une baisse de production dans ce secteur où les prix sont très bas depuis une décennie est un signe lourd de signification.

Le monde agricole est malade de la globalisation, malade du libéralisme et malade de l’inégalité de puissance entre la production atomisée et la commercialisation concentrée dans des grands groupes. Les arrachages massifs ne vont même pas faire remonter les cours : les cerises arrivent par avion-cargo d’un autre bout de la planète, le vin arrive d’Australie ou du Chili, la viande de porc arrive de Chine, la viande de mouton arrive de Nouvelle-Zélande. Savez-vous que le kilo de viande de porc est payé au paysan autour de 1,10 euros ? Tout ce que vous payez au dessus de 1,10 euros le kilo, c’est la marge de ceux qui assurent la découpe et la commercialisation.

Les programmes de la classe politique ne sont pas à la hauteur du marasme agricole.

Zac
23 février 2010 14:22

N’y a t’il vraiment que les agriculteurs qui sont dans cette situation ? Y en a marre de les voir pleurer sur les plateaux de télévision pour obtenir quelques subventions supplémentaires. Je compatis mais faut pas exagérer non plus. D’autres professions souffrent notamment dans l’artisanat et c’est pas pour autant qu’on en parle ou qu’ils sont invités sur les plateaux de télé.

La Fée Carabine
23 février 2010 15:53

On ne doit pas regarder les mêmes emissions de TV car pour ma part je ne vois pas d’agriculteurs réclamant « quelques subventions supplémentaires », à moins de considérer que José Bové ne soit un agriculteur :-) ou bien d’affectionner la TV réalité « L’amour est dans le Pré », je ne vois pas d’agriculteurs du tout d’ailleurs. Par contre j’y vois beaucoup de promotion de l’artisanat, notamment dans le JT de 13 heures. Cela étant ce n’était pas le sujet du billet.

eiffel
23 février 2010 16:13

@zac
Je ne te souhaite pas de travailler comme un malade et de gagner, en échange des clopinettes. Tu ne crois pas que les agriculteurs aimeraient se passer des primes et être payés à la jute valeur de leur travail ? Tu me parles des artisans, mais on les paye bien à la hauteur et à lavaleur du travail fourni…

Michel
23 février 2010 16:43

Je ne suis pas agriculteur et n’ai aucun intérêt dans le monde agricole. Les agriculteurs ne sont pas seuls à être dans la merde mais l’article a pour sujet l’agriculture. J’ai écrit que les programmes politiques sont à côté de la plaque. Point. Nous assistons à un gigantesque naufrage et on nous propose des bouées gonflables pour sauver provisoirement une poignée de naufragés. Sans s’interroger sur les raisons du naufrage.

Je m’occupe de gens en grande détresse. Eh bien, il y a maintenant un point de rencontre entre ces gens et les agriculteurs : c’est le Resto du Cœur. La plus forte progression de l’activité des Restos en Haute-Vienne cet hiver, c’est dans des cantons ruraux qu’on la trouve.

Zac m’a mal lu. Les agriculteurs ne sont pas seuls à dérouiller. Les artisans non plus. Les professions indépendantes ne représentent que 7 % de la population active. Alors qu’il y a, en France, plus de huit millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté.

CARTE
24 février 2010 11:40

Pas simple de trouver une solution à cette crise du monde agricole;si elle existait,on peut penser qu’elle aurait été appliquée.Cela dit depuis que l’on a mis le doigt dans l’engrenage du libéralisme sauvage,des échanges sans contraintes,on voit les résultats.Loin de moi l’idée de vouloir en arriver à une économie administrée (on en connaît les résultats plus que catastrophiques),mais un minimum de règles me semble indispensable.Dire que cela réglerait le problème,j’avoue que je n’en sais rien

Michel
24 février 2010 15:00

« Si une solution existait, on peut penser qu’elle aurait été appliquée ».

Ma chère Carte, c’est un choix qui a été fait. C’est un choix qui a été maintenu. C’est un choix qui a été réaffirmé à maintes reprises. Nous avons décidé de supprimer les barrières douanières. Nous avons décidé de mettre en concurrence le paysan cultivant son lopin sur l’Altiplano ou au bord du Niger avec l’entreprise agricole argentine de 200 000 hectares à capitaux nord-américains. Nous avons décidé de mettre en concurrence le salarié européen avec son salaire garanti, ses congés, sa sécurité sociale, sa retraite et tous ses avantages zacquis, de le mettre en concurrence avec le bagnard du Laogaï à l’espérance de vie de cinq ans. Nous avons décidé de transporter par avion des haricots verts produits au Sénégal pour les vendre à Rungis. La situation actuelle ne résulte que de choix conscients et pas des hasards d’une nature capricieuse et non maîtrisable…

Ma chère Carte, l’économie est toujours administrée. Même dans les régimes les plus « libéraux ». Et même dans les secteurs qui semblent les plus périphériques. Je me souviens de l’époque pas si lointaine où l’unique producteur d’aluminium français a réussi à faire interdire (en invoquant une raison de sécurité) la production de la myriade de ses micro-concurrents qui fabriquaient des échelles avec du bois… ou bien tu peux lire ici : http://www.minorites.org/index.php/2-la-revue/655-du-vinyle-a-l-ipod-histoire-de-la-fin-de-l-industrie-musicale-telle-que-nous-la-connaissons.html

L’économie administrée c’est aussi chez nous le Commissariat au plan et ses successeurs. Chez les Suédois des décennies de social-démocratie. Chez les Néerlandais une planification dont il reste encore beaucoup malgré plus d’une décennie de libéralisme destructeur.

Ma chère carte, comme tu l’écris, un minimum de règles semble indispensable. Et pas la seule loi du renard libre dans le poulailler libre.

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